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Soigner une coupure : les bons gestes, dans le bon ordre

Mis à jour en 2026 · Contenu informatif, ne remplace pas un avis médical

Couteau de cuisine, verre cassé, cutter, boîte de conserve : une coupure franche saigne souvent beaucoup pour sa taille, ce qui inquiète plus que de raison. L'ordre des gestes compte : on comprime d'abord, on nettoie ensuite, on referme et on couvre en dernier. Et surtout, on sait reconnaître les coupures qui relèvent du médecin plutôt que de la trousse de secours.

1. Arrêter le saignement

Lavez-vous les mains si la situation le permet, puis appuyez fermement sur la plaie avec une compresse stérile ou, à défaut, un linge propre. Une compression continue de 10 minutes sans soulever pour regarder suffit à arrêter la très grande majorité des saignements. Chaque coup d'œil relance l'hémorragie en décollant le caillot en formation.

Trois détails qui accélèrent les choses : surélever le membre au-dessus du cœur, rester assis (le malaise vagal à la vue du sang est fréquent), et ajouter une compresse par-dessus la première si elle s'imbibe, sans jamais retirer celle du dessous. Sur une plaie qui saigne beaucoup, un pansement compressif maintenu par une bande prend le relais de la main.

Appelez le 15 ou le 112 si le sang gicle de façon pulsatile (atteinte artérielle), si le saignement ne cède pas après 15 minutes de compression bien faite, si la personne pâlit, transpire ou perd connaissance, ou si un objet est planté dans la plaie — dans ce dernier cas, ne le retirez pas et comprimez autour.

2. Nettoyer la coupure

Une fois le saignement maîtrisé, rincez la plaie à l'eau courante tiède avec du savon doux pendant au moins 15 à 30 secondes, en faisant couler l'eau depuis l'intérieur de la plaie vers l'extérieur. Le lavage mécanique fait l'essentiel du travail : il évacue les particules, les débris et la majorité des germes. Une dosette de sérum physiologique fait le même office en déplacement.

L'antiseptique vient après, sur une plaie déjà propre : chlorhexidine (Biseptine, Diaseptyl) ou povidone iodée (Bétadine dermique), appliqués du centre vers la périphérie. On ne mélange jamais deux antiseptiques de familles différentes. L'alcool à 70° et l'éther n'ont rien à faire sur une plaie ouverte : brûlure garantie et agression des tissus qui doivent cicatriser. Le détail des produits et de l'ordre est repris dans notre guide nettoyer et désinfecter une plaie.

3. Rapprocher les berges

Une coupure nette cicatrise d'autant mieux que ses deux bords se touchent. Sur une plaie de moins d'un centimètre, propre, aux berges franches, des sutures adhésives (Steri-Strip et équivalents) font le travail : posez les bandelettes perpendiculairement à la coupure, espacées de 2 à 3 mm, en commençant par le milieu et en poussant la peau pour rapprocher les berges avant de coller le second côté.

Elles se gardent 5 à 10 jours et tombent seules. Ne les posez pas sur une plaie qui saigne encore, ni sur une plaie souillée ou suspecte d'infection : refermer un germe à l'intérieur est le pire scénario. Le pansement liquide en flacon peut dépanner sur une entaille fine et superficielle, jamais sur une plaie béante.

Une plaie béante — dont les bords ne se rejoignent pas spontanément quand on relâche la peau — ou mesurant plus de 1 cm relève d'un avis médical dans les 6 heures : au-delà, la suture devient plus risquée sur le plan infectieux.

4. Couvrir et surveiller

Séchez la peau autour en tamponnant, puis couvrez. Pour une coupure banale, un pansement adhésif de la bonne taille suffit ; sur un doigt, préférez un format spécial articulation qui ne fait pas garrot. Pour une plaie un peu plus large, une compresse stérile maintenue par du sparadrap, ou un hydrocolloïde fin si la plaie est propre et peu saignante : le milieu humide évite la croûte épaisse et la cicatrice marquée.

Changez le pansement une fois par jour les premiers jours, ou dès qu'il est souillé ou mouillé, et vérifiez l'aspect de la plaie à chaque fois. La formule « il faut laisser respirer la plaie à l'air » est fausse : une plaie couverte et humide cicatrise plus vite et se surinfecte moins qu'une plaie à l'air qui croûte. Pour la douche, voyez se doucher avec un pansement.

De quoi gérer une coupure à la maison

Compresses stériles 10 × 10 cm, sutures adhésives, sparadrap hypoallergénique et sérum physiologique en dosettes : les quatre références qui couvrent 90 % des coupures domestiques. Vérifiez la mention « stérile » et la date de péremption sur chaque sachet.

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Quand consulter pour une coupure

SituationConduite à tenir
Saignement pulsatile, non maîtrisé après 15 min15 ou 112
Plaie béante ou de plus de 1 cmMédecin ou urgences dans les 6 h (suture)
Coupure profonde, souillée (terre, rouille, verre)Consultation le jour même
Corps étranger enfoui (éclat de verre, écharde profonde)Ne pas extraire, consulter
Perte de mobilité ou de sensibilité en avalUrgences : tendon ou nerf possiblement sectionné
Morsure animale ou humaineConsultation rapide, ne jamais refermer la plaie
Coupure du visageAvis médical pour le résultat esthétique
Vaccin antitétanique de plus de 10 ans ou date inconnueVérifier auprès d'un médecin
Diabète, immunodépression, traitement anticoagulantAvis médical même pour une plaie modeste

Passé 48 heures, une douleur qui augmente au lieu de diminuer, une rougeur qui s'étend au-delà des bords, du pus ou de la fièvre signent une infection : consultez sans attendre.

Questions fréquentes

Combien de temps une coupure met-elle à cicatriser ?

Une coupure superficielle est refermée en 5 à 10 jours, une plaie suturée en 10 à 14 jours selon la zone. La cicatrice, elle, continue d'évoluer pendant 12 à 18 mois : elle est rouge et ferme les premiers mois avant de s'estomper.

Faut-il mettre de l'alcool sur une coupure ?

Non. L'alcool à 70° est réservé à la désinfection de la peau saine et du matériel. Sur une plaie ouverte, il est très douloureux et abîme les cellules qui doivent reconstruire le tissu. Eau, savon, puis un antiseptique cutané adapté.

Peut-on se couper avec une lame rouillée sans risque de tétanos ?

Le risque tient moins à la rouille qu'à la terre et aux poussières qui contiennent le bacille tétanique. Si votre dernier rappel date de plus de 10 ans, si vous ne savez pas, ou si la plaie est souillée ou profonde, consultez : la mise à jour se décide au cas par cas.

Faut-il retirer la croûte d'une coupure ?

Jamais. La croûte protège le tissu neuf en dessous ; l'arracher rouvre la plaie, retarde la cicatrisation et augmente le risque de cicatrice visible. Si elle tire, ramollissez-la avec un pansement gras ou un hydrocolloïde plutôt que de la gratter.